Samedi, la France a marché contre la vie chère et pour l’école. Le soir, d’autres ont cassé. Ce ne sont pas les mêmes, et ce n’est pas le même sujet. C’est la liberté de manifester.
Samedi, j’ai traversé Paris à vélo. Près de la place de la République, l’odeur du gaz lacrymogène restait dans l’air, et j’ai dû faire des détours pour avancer. Je ne me suis pas fait agresser. J’ai vu une ville tendue, pas une ville en guerre. À Paris, un manifestant est mort d’un malaise, selon Le Parisien et France 24.
La liberté d’abord
Manifester est une liberté garantie par la Constitution (déclarer ?). Elle s’exerce sans casse et sans violence, et c’est ce qu’ont fait les cortèges, partout en France, du lycéen au retraité. Les casseurs se sont invités en fin de journée. Ils sont là à chaque grande manifestation. Ce sont des groupes qu’il faut identifier et arrêter, c’est le travail de la police et de la justice.
« C’est maintenant ou jamais. »Nydal, 23 ans, sa première manifestation
Ne pas tout mélanger
Les vitrines brisées, les incendies et les interpellations ne disent rien des centaines de milliers de personnes qui ont marché. Mélanger les deux, c’est effacer leur message. L’amalgame marche dans les deux sens : un casseur ne représente pas les manifestants, un policier violent ne représente pas tous les policiers.
Aujourd’hui, l’humain doit reprendre une place centrale dans la société. La rue reste l’un des rares endroits où l’on se compte, où l’on se parle, où l’on se voit. C’est ce que les lycéens d’Aix-en-Provence, de Lyon ou de Paris sont venus chercher samedi. Qui retiendra la colère de ceux qui ont marché, si l’on ne regarde que ceux qui ont cassé ?
Selon ce qu’on regarde, ce samedi n’est pas le même. Dans les images relayées par La France insoumise et la gauche, des cortèges pacifiques. Sur CNews ou dans la communication du Rassemblement national, des voitures brûlées et des vitrines cassées, comme si le pays avait basculé. J’étais dans Paris : ni l’un ni l’autre ne raconte toute la journée.
Une phrase de trop
Samedi soir, Emmanuel Macron a dénoncé les « semeurs de chaos ». Laurent Nuñez a rappelé que manifester est un droit fondamental, et que semer la violence n’en est pas un. Pourquoi mettre les deux dans la même phrase, quand tant de gens ont défilé sans rien casser ?
Brésil, Lula joue tout dimanche face au fils Bolsonaro
Le 4 octobre, Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite, a devancé Lula de deux points. Second tour le dimanche 25 octobre, entre forêt, droit du travail et réseaux sociaux.
Au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, a obtenu 47,03 % des voix, contre 45,16 % pour Lula, 80 ans. Dimanche soir, sur Band, Flávio est venu au premier débat ; accusations croisées, fin dans la confusion (CNN Brasil).
Forêt, travail et terres rares
Vendredi, le gouvernement a publié la déforestation de l’Amazonie la plus basse depuis 1988. Le même jour, le Congrès a promulgué la fin de la semaine de six jours, avec deux jours de repos et, à terme, 40 heures. Cela concerne 14,9 millions de salariés. En face, Flávio Bolsonaro promet de limiter les nouvelles terres indigènes. Après avoir vu Donald Trump, il annonce des « partenariats stratégiques de long terme » avec les États-Unis sur les terres rares, dont le Brésil a les deuxièmes réserves du monde, après la Chine.
Les réseaux, l’autre terrain
Le camp de Lula accuse Meta d’« ingérence ». Sur WhatsApp, l’assistant de Meta a refusé de dessiner des affiches « Lula 13 », mais en a produit pour « Flávio 22 », selon des médias brésiliens. Meta parle d’une erreur de réglage de ses filtres et dit n’avoir favorisé personne.
D'après Le Monde, Sénat brésilien, CNN Brasil, Tecnoblog et Metrópoles
Vendredi, on sortait en tee-shirt ; lundi matin, le manteau. Ce coup de froid ne dit rien du réchauffement. La tendance, elle, se lit sur trente ans, et elle monte.
ScienceAlert
Au parc Montsouris, dans le 14e arrondissement, on relève la température depuis juin 1872, sans une interruption. C’est la plus ancienne série de France, et elle a tout vu, -23,9 °C le 10 décembre 1879, 42,6 °C le 25 juillet 2019.
Vendredi à 14 h 23, la station de Paris-Montsouris relevait 20,9 °C, plus de quatre degrés au-dessus de la normale d’octobre. Dimanche matin, 7,2 °C, et lundi à 8 h, 5,7 °C. Entre les deux, l’air chaud venu du Maroc a laissé place à un air des hautes latitudes, et une goutte froide s’est installée sur la France. Le froid n’est pas tombé d’un coup dans la nuit : à 2 h, il faisait encore 9,2 °C, et le plus bas est arrivé au petit matin.
Une nuit fraîche, pas un record
Aucun record n’est tombé : la minimale normale d’octobre est de 9,9 °C à Montsouris. C’est la météo, le temps qu’il fait cette semaine, qui change d’un jour à l’autre au gré des masses d’air. Le climat, c’est autre chose : la moyenne de ce temps sur trente ans. Et elle monte. Sur 1991-2020, la moyenne d’octobre à Montsouris est de 13,2 °C. Octobre 2026 reste, jusqu’au 17, à 2,7 °C au-dessus de la normale à Paris, selon des relevés provisoires. L’été a été le plus chaud jamais mesuré en France, et septembre le deuxième plus chaud depuis 1900. Un manteau sorti dimanche fait-il oublier un été brûlant ?
Selon ce qu’on regarde, ce samedi n’est pas le même, cortèges pacifiques ou vitrines cassées.
Macron dénonce les « semeurs de chaos », Nuñez rappelle le droit de manifester. Le documentaire de Paul Moreira raconte le maintien de l’ordre des deux côtés du casque.
Au Brésil, Lula joue tout le 25 octobre face à Flávio Bolsonaro.
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Au premier tour, le fils de l’ancien président a fait 47,03 %, Lula 45,16 %. Vendredi, déforestation au plus bas depuis 1988 et fin de la semaine de six jours.
Au départ, j’imprimais ce journal pour moi seul, chaque matin. Je voulais savoir ce qui comptait en France, à Paris et dans le monde sans passer une heure à faire défiler des écrans. Alors j’ai fait le tri, puis j’ai écrit.
filou d’actu, c’est ce tri, partagé. Quelques sujets choisis chaque jour, racontés simplement, avec le nom des médias d’où viennent les faits. On le lit avec son café, du début à la fin, puis on passe à sa journée.