Vendredi 30 octobre 2026 · N° 11

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Société

France

Cent onze, et on savait

111 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex en 2025. Un tiers avait déjà été frappée, la plupart l’avaient dit. On le savait. Ce journal ne veut pas réécrire ce chiffre l’an prochain.

· N° 11

Manifestation contre les féminicides, à Paris
Manifestation contre les féminicides, à Paris · Jeanne Menjoulet from Paris, France · CC BY 2.0

111. Ce n’est pas un chiffre, c’est une liste de prénoms que personne n’a lue en entier. 111 femmes tuées par l’homme qui partageait leur vie, en 2025, quatre de plus qu’en 2024. 25 hommes aussi. Et 445 femmes qui ont survécu à la tentative, celles qu’on ne compte nulle part. Le ministère de l’Intérieur a publié l’étude le 13 octobre. Elle n’a pas fait la une. Elle aurait dû.

Elles avaient prévenu

Ce qui nous révolte, c’est la suite. 37 % de ces femmes avaient déjà subi des violences. Six sur dix l’avaient dit, dans un commissariat ou une gendarmerie, et presque toutes avaient porté plainte. Elles ont fait exactement ce qu’on leur demande. Une seule avait un téléphone grave danger, une seule un bouton d’alerte. Les autres sont rentrées chez elles avec un récépissé.

Le jour même, pas dans six semaines

On ne veut pas que ça leur arrive. On veut qu’une plainte déclenche une protection le jour même, pas un rendez-vous dans six semaines ; que ce soit lui qui parte, pas elle ; que le bracelet soit posé avant, pas après. Ce qui fait baisser le chiffre, les études le répètent, c’est la vitesse entre l’appel et la protection. Pour 2026, l’État ne compte pas encore ; les collectifs en sont à 109. Combien ont appelé ? Qui a répondu ?

Dans le cortège parisien du 24 octobre
Dans le cortège parisien du 24 octobre · FreCha · CC BY-SA 4.0

D'après Ministère de l’Intérieur, Euronews et Nous Toutes

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