Ordinateur quantique : Google fait reculer les erreurs d’un facteur 40
Dans la revue Science, Google montre sur sa puce Willow une méthode qui fabrique un ingrédient clé du calcul quantique avec 40 fois moins d’erreurs, au prix d’un tri sévère.
· N° 1

Un ordinateur quantique se trompe beaucoup. Ses qubits, les bits quantiques, se dérèglent à la moindre perturbation, chaleur ou interférence. Pour tenir, la machine répartit l’information sur plusieurs qubits et vérifie sans cesse son travail.
Un ingrédient à usage unique
Certaines opérations exigent un ingrédient préparé à l’avance, les « états magiques ». Chacun ne sert qu’une fois, il faut donc en produire sans arrêt. Les fabriquer par la méthode classique, la distillation, pourrait mobiliser jusqu’à 95 % de la capacité d’une machine, selon Google.
Le 15 octobre, Google Quantum AI a publié dans Science une autre méthode, la « culture ». On fabrique l’état sur un petit groupe de qubits, on le contrôle, on jette les tentatives fautives. Sur Willow, sa puce de 105 qubits présentée en décembre 2024, l’erreur baisse d’environ 40 fois.
Une poubelle bien remplie
Le tri a un prix : dans les séries les plus strictes, 8 % des essais seulement sont gardés. Ce n’est pas une nouvelle puce, et le préprint circulait depuis décembre 2025 ; la nouveauté, c’est la relecture par les pairs.
Google le reconnaît : il faut encore montrer la méthode à plus grande échelle. Le quantique sait trier ses erreurs. Il lui reste à en commettre moins. Faut-il comprendre une machine pour s’y fier, ou suffit-il qu’elle se trompe moins que nous ?
D'après ScienceAlert et The Quantum Insider