France
La Corse attend
Le Sénat a rejeté dans la nuit de lundi à mardi l’autonomie de la Corse, 181 voix contre 134. J’ai vécu à Moltifao, j’ai rencontré les Corses, j’ai vécu à Corte et à Casanova. L’île m’a changé.
· N° 9

J’ai vécu à Moltifao, dans la vallée de l’Asco. J’y ai rencontré les Corses. J’ai vécu à Corte, sous la citadelle, et à Casanova. L’île m’a changé. J’y ai appris qu’on dit bonjour à tout le monde sur le cours Paoli, que le silence des villages l’hiver n’est pas du vide, et que le mot « communauté » n’est pas un gros mot. Il veut dire les voisins, la langue, les morts qu’on honore, les jeunes qu’on voudrait garder.
Le mot rayé en premier
C’est ce mot que le Sénat a rayé en premier. Un amendement de Muriel Jourda, présidente de la commission des lois, a retiré la « communauté insulaire » et le « lien singulier à la terre corse ». Puis le texte, vidé, a été rejeté. Dans les tribunes, la majorité territoriale s’est levée et est sortie. Quatre ans de Beauvau, un vote de l’Assemblée de Corse en 2024, 271 députés en juin. Tout s’arrête à Paris, une nuit d’octobre.
« S’il y a eu une défaite hier soir, c’est celle des Républicains archaïques »Gilles Simeoni, France 3 Corse, mardi
Nommer sans détacher
J’entends l’objection. La République est indivisible, les sénateurs ont le droit de le rappeler. Mais une Constitution peut nommer une île sans la détacher, elle le fait déjà pour la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie. Les Corses ne demandaient pas de partir, ils demandaient d’être nommés. On leur a répondu par un texte sans eux. Que reste-t-il d’un processus quand l’une des parties quitte la table ?

D'après franceinfo, Public Sénat, Alta Frequenza et France 3 Corse