Les pillages des commerçants
De Nice à Paris, les patrons de boutique comptent leurs pertes après le week-end du 17 octobre ; le public ouvre son portefeuille, et les assurances aussi.
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À Nice, samedi soir, Pierre s’est planté devant le magasin Micromania où il travaille. Un pilleur cagoulé l’a frappé dans le dos, d’autres lui ont lancé des objets. Il n’a pas bougé. Les vidéos ont fait le tour des réseaux, et le maire Éric Ciotti est venu le voir dimanche.
Ils sont des milliers dans son cas. Près de 3 000 commerces, restaurants et hôtels ont été pris pour cible en marge des manifestations, pour des centaines de millions d’euros de dégâts. À Marseille, plus de 600 locaux pillés. Sur les réseaux, des dizaines de commerçants se sont filmés devant leur boutique, à la défendre comme ils pouvaient. À Bordeaux, dimanche, l’un d’eux a appelé la police, qui n’est pas venue. Il a vu son travail partir.
« [Je suis resté] devant en espérant que les gens n’essaieraient pas d’entrer trop violemment »Pierre, vendeur d’un magasin Micromania à Nice, à BFM TV
88 000 euros en une journée
À Paris, Hassan avait ouvert sa boutique de téléphonie trois mois plus tôt. Une cagnotte lancée dimanche dépassait 88 000 euros lundi. La solidarité a ses parasites : des cagnottes circulent au nom de Pierre, qui n’en est pas à l’origine.
Le gouvernement promet du chômage partiel, des expertises rapides des assurances et un « fonds émeutes ». Financé par qui, et par quel contribuable ? Une vitrine se remplace en une semaine, la confiance prend plus de temps. Que reste-t-il d’un commerce quand la peur entre avant le client ?
D'après France 24, Euronews, BBC World et Numerama