À Madrid, les résultats ont fuité avant l’heure. Moderna et Merck y ont présenté jeudi l’essai de leur vaccin à ARN messager contre le mélanome, l’intismeran autogène. Associé au Keytruda, l’immunothérapie de Merck, il réduit de 42 % le risque de rechute ou de décès par rapport au Keytruda seul, après 24,6 mois de suivi médian, chez des patients opérés.
42 %
de risque de rechute ou de décès en moins
34 cibles pour une seule tumeur
Le principe tient du sur-mesure. On séquence la tumeur du patient pour repérer jusqu’à 34 marqueurs propres aux cellules cancéreuses, puis l’ARN messager apprend aux lymphocytes à les traquer, avec la technologie des vaccins contre le Covid-19. Le risque de métastases à distance baisse de 38 %.
Le bon résultat qui coûte 25 %
Les analystes attendaient entre 40 % et 50 %. L’action Moderna a pourtant chuté de près de 25 %, Merck d’environ 1 %. Un analyste de William Blair parle d’une vente sur la nouvelle, quand TD Cowen juge les données de nature à changer la pratique. D’autres essais suivent dans le poumon, la vessie et le rein. Un progrès contre le cancer vaut-il moins quand tout le monde l’attendait ?